fake coach non supervisé

Supervision : L’assurance d’un coaching sans contre façon

Les 3 qualités à développer en supervision !

La journée européenne du coaching et de la supervision du 17 mai 2019 à Strasbourg a confirmé que nous faisons partie de la minorité agissante des moins de 20% de coachs régulièrement supervisés dans leur pratique de coaching professionnel.

Sur le marché du coaching, plus de 80% de l’offre s’affranchit de toute forme de supervision. Pour des raisons qui leur appartiennent, ces coachs se dispensent d’appliquer une recommandation forte et unanime au sein des fédérations professionnelles qui régissent le métier de coach, en l’absence de conseil de l’ordre.

1 –Humilité : (re)connaître ses limites de coach

En coaching nous accompagnons tout à la fois des systèmes (organisations, équipes) et des personnes. Le client, individuel ou collectif, fait appel à un coach pour une situation problématique qui nécessite un ajustement ou bien un changement plus profond.  

Rien n’est neutre, chaque acteur (présent ou non pendant les séances de coaching) fait partie intégrante de ce système,  objet et matière de l’accompagnement. Tous sont à bord d’une sorte de mécanisme, chacun y a des intentions, y exerce une action, intentionnelle ou non, et détient sa vision d’une partie de la situation et donc également une partie des solutions potentielles. L’environnement de la personne coachée est composé de son dirigeant, son DRH, ses collègues, ses prédécesseurs, ses clients, tous  influent sur qui se joue en coaching. Si le rôle du coach consiste à accompagner le client vers plus d’autonomie, de liberté d’agir en conscience, celui du superviseur est de suivre et guider le coach au fil de ses accompagnements pour que chacun devienne de plus en plus compétent, lumineux dans ses interventions.

Le coach professionnel se retrouve ainsi déjà dans une « chaîne humaine d’écoute complexe »1. Il doit se prémunir contre de nombreux risques notamment l’instrumentalisation du coach et/ou de la situation par une partie des acteurs et/ou la répétition de scénarios antérieurs. Il s’agit pour le coach d’émerger de la masse d’informations, de structurer son écoute, d’accueillir ce qui se passe en lui-même et d’accepter ses propres zones d’ombre. Sa boussole est d’agir avec professionnalisme dans le respect de l’éthique : « être bien avec soi-même pour le bien du client »2.

Tout coach  a donc impérativement besoin de recul pour prendre conscience de ce qui se joue dans les situations que vivent ses clients ainsi qu’à travers cette relation singulière client/coach/système. La formation lui a délivré un cadre et des outils,  les processus de certifications ou d’accréditations apportent aux coachs qui s’y investissent un entraînement à la réflexion sur la pratique.

Pour exercer de manière plus consciente nous devons à nos clients de disposer d’un autre espace. Sa finalité est de percevoir « les cascades de reflets avec un regard systémique »3 pertinent. Le coach consciencieux a tout intérêt à s’entourer des conseils bienveillants et du regard aiguisé d’un coach plus expérimenté et/ou qui est en mesure de lui proposer d’autres approches théoriques ou pratiques : son superviseur. C’est à partir de regard augmenté que le coach va pouvoir trouver de nouvelles clés d’intervention.

2 – Clairvoyance : mise en sécurité et respect mutuel à tous les étages

En Allemagne on serait tenté de traduire Supervision par Supervizion mais grâce à Barbara Bauman j’ai appris que dans notre métier le terme Supervizion signifie coaching. Comment les allemands s’y prennent-ils ? Nos voisins auraient-ils des super pouvoirs ?

En réalité, ils désignent ce que nous appelons supervision (de coach) par Kontrolsupervizion. Cette nuance me semble très intéressante. Tout contrôle revêt en effet deux dimensions : protéger (vérifier que l’objet du contrôle respecte la loi, les normes, ne met pas ses utilisateurs à danger) et faire progresser (évaluation dynamique ou prise de recul réflexif pour grandir en compétences).

Quand un coach adhère à une fédération professionnelle, il souscrit à un code de déontologie. Il s’engage à exercer de manière éthique et à faire évoluer ses compétences qui font l’objet d’une évaluation fine. Son volontarisme dans une démarche d’accréditation ou de certification offre des garanties de qualité supplémentaires et l’oblige à recourir à un superviseur. 

Bien sûr, dans l’intimité de l’endroit où une séance de coaching se tient, seuls le client et le coach sont physiquement présents. Il reste que chacun est relié et impacté par les systèmes dont il fait partie et ses propres cadres de référence et de protection.

François Delivré, invité d’honneur de la rencontre de Strasbourg,  a lancé une boutade sur les qualités du superviseur, la perfection incarnée : « En gros c’est un copier-coller de Dieu »2. Il saurait tout, transcenderait tout et bien sûr ses voies seraient impénétrables.

A travers cette provocation, il  voulait illustrer la mise en garde contre une «tentation de la toute-puissance »2. Ce risque de dérive guette déjà les coachs, et qui plus est les superviseurs, compte tenu du caractère gratifiant du rôle.  La supervision peut également être vue comme « un moyen de progresser et de se préserver du burn-out »4. Avec l’apparente légèreté et la profondeur qui le caractérisent ce sage du coaching en France a expliqué2 que, si le coach lui-même est le premier outil du coaching, il a besoin de maintenance. Le coach régulièrement supervisé s’oblige à une sorte de contrôle technique régulier, pour maintenir son bon état de fonctionnement et bénéficier des mises à jour pour mieux répondre aux besoins de ses clients.

3 – Intelligence collective : construire des parcours en supervision

En tant que coachs supervisés depuis des années, nous avons acquis ce réflexe salutaire de passer « sous la douche »5 régulièrement. La supervision en quelque sorte nettoie et réoriente nos capteurs. Selon la direction que nous souhaitons donner à notre pratique, au fil de notre parcours, nous choisissons des superviseurs aux approches et personnalités différentes. Nous avons engrangé les éclairages que nous ont apportés les diverses formes de supervision: individuelle, collective, didactique ou plus large que le focus sur des outils. Chacune de ces expériences nous a fait gagner en rapidité d’analyse à partir des cas apportés par les participants.

La supervision qu’il s’agisse de superviser des coachs, des dirigeants, des managers, des tuteurs développe la réflexivité des personnes impliquées. Superviser nous incite à être plus rigoureux et plus présents à ce qui se passe. Laissons les dimensions intrapsychique et interpersonnelles aux psychologues et thérapeutes et centrons-nous sur les processus de groupe et l’analyse des stratégies d’entreprise pour trouver les meilleures voies pour sortir des situations problématiques. C’est là notre vocation.

Au sein de METAS Coaching le bien-fondé de la supervision constitue un principe de base : incontournable et indispensable. Nous faisons notre maximum pour que nos clients bénéficient de coachings qualitatifs, en accord avec les standards les plus élevés de notre profession.

Nous produisons des prestations qui s’appuient sur l’authenticité des intervenants. Ce service, mis à la disposition de nos clients et prospects, inclut humilité, clairvoyance et intelligence collective.

Plus d’information sur la supervision dans « Coachs en supervision« 

 

  1. Citation Martine Volle https://www.professional-supervisors.org/retour-sur-la-journee-europeenne-du-coaching-et-de-la-supervision/
  2. François Delivré auteur notamment du livre référence « Le métier de coach » Eyrolles Editions d’Organisation
  3. Alain Cardon et Martine Volle « conversation sur la supervision de coach » https://www.youtube.com/watch?v=eng2HsDE9LY
  4. Jane Turner et Bernard Hévin « 50 fiches pour tout savoir sur le coaching » éditions Bréal
  5. Danièle Darmouni le 6 décembre 2018 sur le thème de la réflexivité du coach https://www.youtube.com/watch?v=s80OQPjx9iE

Rennes, Jackie Aubrée, 18.9.2019