La loi de Parkinson

↑ Les lois du temps : Parkinson, Carlson, Illich

la loi

« Le travail s’étale jusqu’à occuper tout le temps disponible pour son achèvement. »

Cyril Northcote Parkinson, The Economist, 19 novembre 1955 (traduction libre)

Eau versée dans un verre transparent

En clair : plus on vous laisse de temps pour une tâche, plus elle en prend. Un délai large produit un travail lent, tandis qu’un délai serré resserre l’effort. Pour un manager, la loi sert à repérer où le temps affiché dépasse l’effort réel, chez soi comme dans son équipe.

au bureau

Trois scènes que vous avez déjà vues

Le rapport de trois jours. Vous accordez deux semaines pour un document qui demande trois jours de travail. Le collaborateur n’est pas paresseux : il l’a simplement rangé derrière des tâches plus pressantes. Ainsi, le travail se fait la veille de l’échéance, et il occupe alors toute l’énergie disponible.

La réunion d’une heure. Un point prévu pour soixante minutes dure soixante minutes, même si l’essentiel se règle en vingt-cinq. En effet, personne ne ferme le sujet tant que le créneau reste ouvert.

Le projet sans date. Sans échéance, le projet avance au rythme des disponibilités. Autrement dit, il s’étale, alors que personne n’a décidé qu’il pouvait attendre.

Dans ces trois cas, ce n’est pas la motivation qui manque. C’est une borne.

l’origine

Une plaisanterie devenue un principe

La loi naît dans un article satirique de The Economist, daté du 19 novembre 1955. Cyril Northcote Parkinson y moque la croissance des effectifs de l’administration britannique, qui augmentait, selon lui, sans rapport avec la charge réelle de travail. Il reprend l’idée dans un livre de 1957, Parkinson’s Law, or The Pursuit of Progress.

Le texte original parle donc d’administration, pas d’agenda. La phrase sur le temps en est le point de départ, et la gestion du temps l’a ensuite adoptée. Par conséquent, il faut la lire comme une observation fine, non comme une loi démontrée. Elle aide à repérer un phénomène, mais elle ne prédit pas chaque situation.

le levier

Trois réglages pour un manager

Calez le délai sur l’effort réel. Estimez avec la personne le temps de travail effectif, puis ajoutez une marge raisonnable plutôt qu’une marge confortable. Par exemple, un document de trois jours peut avoir une échéance à cinq jours, et non à quinze.

Posez un jalon visible à mi-parcours. Un premier jet à montrer suffit. Ce point intermédiaire transforme un long délai en deux délais courts, et il vous donne un signal avant qu’il ne soit trop tard.

Nommez la fin. Écrivez en une phrase ce que « terminé » veut dire. Sans cette définition, un travail peut s’améliorer indéfiniment et occuper tout le temps qu’on lui laisse.

Appliquez aussi la règle à vous-même : fixez la durée de vos tâches avant de les commencer, puis comparez avec le temps réel. L’écart est souvent instructif. Prudence toutefois : raccourcir sans discuter transforme un levier en pression. Parlez des délais avec la personne, ne les imposez pas.

Sablier classique posé sur une table de bois

questions fréquentes

Questions fréquentes

Raccourcir les délais suffit-il à contrer la loi de Parkinson ?
Non, pas à lui seul. Un délai trop court produit de la précipitation et une qualité en baisse. Mieux vaut caler le délai sur l’effort réel, puis ajouter un jalon intermédiaire visible. Le délai est un réglage parmi d’autres, pas une solution.
Parkinson et Carlson : quelle différence pour un manager ?
La loi de Parkinson concerne la durée accordée : un délai large fait s’étaler le travail. La loi de Carlson concerne la continuité : un travail interrompu coûte plus cher. Pour la seconde, voir La loi de Carlson.
Les réunions obéissent-elles à la loi de Parkinson ?
Souvent, oui : une réunion prévue pour une heure tend à occuper une heure. Cependant, Parkinson parlait d’administration, pas de réunions. Cette extension est un usage courant, pas une démonstration de sa part. Testez-la en ramenant un point de 60 à 45 minutes, avec un ordre du jour écrit.

Les délais de votre équipe s’étalent sans que vous sachiez pourquoi ?

Cadrer mon besoin avec un coach →Lire la loi de Carlson