La loi de Carlson

Fils de laine colorés emmêlés en motif abstrait

une heure de mardi

Neuf heures, un dossier à finir

9 h 02 : Vous ouvrez le dossier budget. Il demande une heure de concentration.

9 h 11 : Un collaborateur passe la tête : « Deux minutes ? »

9 h 19 : Retour au dossier. Vous relisez le dernier paragraphe pour retrouver le fil.

9 h 27 : Une notification de messagerie : la direction demande un chiffre.

9 h 41 : Vous reprenez, en cherchant d’abord les chiffres de la veille.

10 h 02 : Le dossier n’est pas fini. Pourtant, vous avez « travaillé » une heure.

Cette heure contient peut-être quarante minutes de travail réel, et peu de travail abouti. La loi de Carlson décrit cet écart.

la loi

Un travail d’un trait coûte moins qu’un travail en morceaux

Un travail réalisé en continu prend moins de temps et d’énergie que lorsqu’il est réalisé en plusieurs fois.

Énoncé courant de la loi de Carlson

Sune Carlson, économiste suédois (1909-1999), a publié en 1951 Executive Behaviour, une étude sur la charge de travail et les méthodes de travail de dirigeants d’entreprise. L’énoncé ci-dessus circule sous son nom dans la littérature sur la gestion du temps. Nous ne l’avons pas retrouvé comme loi formulée dans l’étude elle-même : lisez-le comme une synthèse de vulgarisation, appuyée sur un constat que des recherches ultérieures documentent.

ce que mesurent les études

Une journée hachée, un retour qui coûte

Dans les années 1970, Henry Mintzberg observe des managers au travail. Il décrit une activité marquée par la variété, la brièveté et la fragmentation, avec une durée médiane de neuf minutes par sujet.

Trente ans plus tard, la chercheuse Gloria Mark (université de Californie à Irvine) mesure ce que coûte une interruption. Dans un entretien de 2008, elle indique que les salariés observés changent d’activité en moyenne toutes les trois minutes, et qu’il faut en moyenne 23 minutes et 15 secondes pour revenir à la tâche interrompue. Près de la moitié de ces coupures viennent de la personne elle-même.

Autrement dit, le coût d’une interruption n’est pas sa durée. C’est le temps de retrouver le fil, plus la fatigue accumulée.

le levier

Trois réglages pour protéger vos plages

Réservez des plages de travail continu. Bloquez dans l’agenda deux plages d’une à deux heures par semaine pour les dossiers de fond. La méthode est détaillée dans Le time blocking : bloquer son agenda de manager.

Regroupez ce qui peut l’être. Traitez les messages en trois passages par jour plutôt qu’au fil de l’eau. Les notifications comptent, elles aussi, comme des interruptions.

Prévenez votre équipe. Une plage qui n’est pas annoncée est une plage qui saute. Dites quand vous êtes disponible, et pour quel type d’urgence vous restez joignable. Le cas Gérer les interruptions permanentes détaille ce dialogue.

Si votre rôle impose d’être joignable en permanence, la méthode Pomodoro propose des séquences plus courtes, qui tiennent mieux. Et si ces ajustements ne tiennent pas, vous pouvez évaluer le coût d’un accompagnement en 5 minutes grâce à notre simulateur.

Pelote de laine et fils de tricot

questions fréquentes

Questions fréquentes

Pourquoi une interruption coûte-t-elle plus que sa durée ?
Parce qu’il faut retrouver le contexte de la tâche : relire, se remémorer, relancer. Selon Gloria Mark, le retour à la tâche prend en moyenne plus de vingt minutes. Une demande de deux minutes peut donc coûter bien davantage que ses deux minutes.
Les notifications comptent-elles comme des interruptions ?
Oui, dès qu’elles vous détournent de la tâche, même si vous ne répondez pas. Coupez celles qui ne sont pas urgentes et regroupez le reste en trois passages par jour.

Vos plages de travail ne tiennent pas, malgré vos efforts ?

Cadrer mon besoin avec un coachGérer les interruptions permanentes