↑ Temps et priorités du manager
Peu de causes produisent l’essentiel des effets : c’est l’idée du 80/20. Pour un manager, elle sert à repérer les quelques activités qui portent la valeur, et à cesser de traiter toutes ses tâches à égalité.

l’idée
Ce que dit le principe de Pareto, et ce qu’il ne dit pas
Vilfredo Pareto, économiste et sociologue italien, constate au tournant du XXᵉ siècle qu’environ 80 % des terres d’Italie appartiennent à 20 % de la population. Il observe ensuite une répartition comparable dans d’autres pays. En 1941, l’ingénieur Joseph Juran reprend l’idée pour la qualité : une minorité de causes engendre la majorité des défauts.
Le « 80/20 » reste donc une observation empirique, pas une loi exacte. Selon les situations, le rapport se rapproche de 90/10 ou de 70/30. Autrement dit, retenez l’asymétrie plutôt que le chiffre : quelques éléments pèsent beaucoup, la plupart pèsent peu.
le piège
Trois lectures qui égarent un manager
Chercher le chiffre exact. Un manager qui passe une soirée à vérifier si c’est bien 80/20 perd le temps que le principe devait lui faire gagner. Ce qui compte, c’est le déséquilibre.
Supprimer les 80 %. Juran a lui-même insisté plus tard sur « les causes vitales et les causes utiles » : le reste du travail n’est pas inutile, il pèse simplement moins. Un entretien de suivi ne disparaît pas parce qu’il rapporte moins.
L’appliquer à son seul agenda. Le principe vaut aussi pour l’équipe, les clients et les incidents. Par exemple, quelques personnes ou quelques sujets concentrent souvent la plupart de vos sollicitations. Traiter ces points d’abord libère davantage qu’un tri de tâches isolées.
en pratique
Trois questions pour trouver votre 20 %
Notez pendant une semaine où part votre temps, puis posez ces trois questions à vos notes.
| Question | Ce que vous cherchez | Décision possible |
|---|---|---|
| Quelles activités produisent l’essentiel des résultats de l’équipe ? | Les actions à forte valeur : arbitrage, décision, accompagnement d’un collaborateur clé | Les protéger dans l’agenda |
| Quelles sollicitations produisent l’essentiel de vos interruptions ? | Les sources récurrentes : une personne, un outil, un type de demande | Les traiter à la source |
| Quelles tâches prennent beaucoup de temps pour peu de valeur ? | Les comptes rendus en doublon, les réunions sans décision, les tableaux que personne ne lit | Les simplifier, les déléguer ou les arrêter |
Choisissez ensuite un seul élément à protéger et un seul à réduire cette semaine. Ainsi, vous gardez un test simple plutôt qu’une réforme.
Si arrêter certaines activités vous met mal à l’aise, c’est une information utile. Vous pouvez évaluer le coût d’un accompagnement en 5 minutes grâce à notre simulateur si la décision vous paraît trop lourde à porter seul.
Vos priorités restent floues malgré l’analyse ?
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questions fréquentes
